Historique des différents syndicats d’initiative et d’intérêts locaux de Kirchberg.

Grâce à l’exploration des anciens périodiques numérisés mis sur Internet par la Bibliothèque Nationale, il nous a été possible de retracer, du moins en partie, l’historique du ou des syndicats d’intérêts locaux de Kirchberg.

En fait il s’agit de 3 syndicats qui se sont constitués à tour de rôle ;

  1. Le premier syndicat d’intérêts locaux (Interessenverein Kirchberg) a été fondé le 28 septembre 1929, comme le révèle l’édition du 2 octobre 1929, du Luxemburger Wort,

Après le rattachement de la commune d’Eich à la Ville de Luxembourg en 1920, les habitants de Kirchberg qui ne bénéficiaient certainement pas de la même attention que les autres quartiers de la Ville, avaient pris l’initiative de se regrouper pour défendre leurs intérêts.  De leurs activités il nous reste principalement en mémoire l’organisation de fêter en 1939, ensemble avec toutes les autres associations de Kirchberg, le 100ième anniversaire de l’indépendance du G.D. de Luxembourg.  Cela se traduisait par la pose d’une pierre commémorative près de la chapelle, suivi d’un défilé historique. 

En 1931, la composition du Conseil d’administration était la suivante : Président : Henri Nickels, Secrétaire : Theodor Schiltz : Assesseurs : Joseph Blaise, Nic. Flammang, Michel Marso, Nic. Massard, Jean Mousel,

Probablement, l’occupation nazi a mis fin à ses activités.

2. En date du 17 Juillet 1954 le deuxième Syndicat d’Initiative s’est constitué, et le conseil d’administration se composait comme suit :  Président : Th. Schiltz,  Secrétaire: Jos. Nickels ,  Caissier: Hubert Manderscheid,  Assesseurs:  Flammang Nic., Irthum Pierre, Jones Nic., Jones Théo, Mockel Mich., Zeimet Nic. 

C’est ainsi que dans son édition du 27 août 1954, le Luxemburger Wort publie l’article suivant :

(Traduction française)

Kirchberg . De l’association d’intérêts locaux.

Notre localité, située sur une hauteur aérée et ensoleillée, avec son beau territoire et sa proximité avec la forêt, s’étend de plus en plus et exerce une grande attraction sur les constructeurs qui aiment choisir un endroit sain et calme pour construire des logements. La preuve en est qu’en l’espace de deux ou trois ans, pas moins de 15 nouvelles constructions ont été érigées. Toutes avec jardin et déjà habitées. D’autres maisons ont été modernisées. Dix autres sont terminées et pourront être occupées très prochainement. D’autres terrains à bâtir ont été achetés entre-temps et la demande est toujours là. Malheureusement, la population doit constater que, malgré l’agrandissement de notre localité, certaines choses sont négligées, en particulier le fait que notre réseau de chemins se trouve dans un état d’abandon et qu’il a absolument besoin d’être rénové. Lors d’une assemblée bien fréquentée des habitants, il a été jugé nécessaire de procéder à la création d’un nouveau comité d’initiative afin d’attirer l’attention des autorités sur les dysfonctionnements et d’œuvrer à l’amélioration des conditions à cet égard. Comme pour l’ancienne association d’intérêts, chaque foyer de la localité doit également adhérer à la nouvelle en tant que membre.

Les habitants de la rue des Maraîchers.

Ce syndicat pour la défense des intérêts de Kirchberg était d’autant plus important que le « vieux » Kirchberg s’est toujours senti délaissé dans son développement par rapport aux autres quartiers de la Ville.  Ainsi le Luxemburger Wort dans son édition du 15.02.1964 dénonce l’état inexistant d’infrastructures sanitaires dans la rue des Maraîchers à Kirchberg.

Problème sanitaire à Kirchberg

Le Kirchberg s’est réveillé soudainement et sans préparation de son sommeil et doit devenir une « ville européenne » : Des agriculteurs sont expropriés ; un pont est construit ; une tour est en cours de construction ; un plan d’urbanisme gigantesque est sur le point de devenir réalité.

Mais plusieurs rues du Kirchberg sont toujours sans égout, ceci malgré les promesses répétées depuis des années par les édiles communaux, il sera « certainement » construit.

En hiver et pendant les périodes de mauvais temps, les habitants malmenés, notamment ceux de la rue des Maraîchers, doivent parfois se frayer un chemin jusqu’à leur domicile dans une boue nauséabonde qui leur arrive jusqu’aux chevilles. Sur la route verglacée et dans les caniveaux, on trouve de tout, du marc de café au vermicelle en passant par le trop-plein des fosses septiques.

Pour compléter le tableau, il faut encore mentionner que certains habitants, contraints par les circonstances, vident leurs fosses septiques dans le caniveau, que ce soit avec des seaux, des pompes à main ou des motopompes. La puanteur est alors épouvantable !

Nos autorités sont au courant de cette situation. Toutes les réunions électorales ont été l’occasion de débattre publiquement de ces dysfonctionnements et tous les partis ont promis d’y remédier.

Nous demandons à tous les services compétents, y compris les autorités sanitaires, de se pencher sur ce problème et d’entreprendre enfin les démarches nécessaires pour remédier à ces dysfonctionnements.

Ou faut-il attendre que le premier cas de typhoïde ou de maladie similaire se déclare ?

Les résidents de la rue des Maraîchers.

Malheureusement plus aucune trace de ce deuxième syndicat n’a pu être retrouvé, de sorte que nous ne connaissons, ni pourquoi, ni quand, il a cessé d’exister.

3. Le troisième syndicat, qui s’appelle maintenant Syndicat d’Intérêts Locaux Kirchberg (SILK).

Après la mise en service du pont Grande-Duchesse Charlotte en 1966, la différence entre le nouveau et le vieux Kirchberg devenait de plus en plus flagrant et visible.  Les voies de communications entre ces deux quartiers sur un même plateau étaient quasiment inexistantes. 

Suite à l’expropriation de beaucoup de fermiers pour créer le Fonds d’Aménagement et d’Urbanisation du plateau de Kirchberg, et constatant que le vieux Kirchberg ne profitait nullement des travaux d’infrastructures qui se faisaient sur le restant du plateau, un nouveau syndicat d’intérêts locaux (SILK) s’est constitué en date du 27 avril 1973. 

Les membres fondateurs étaient :

Président : M. Jean Neu ; Secrétaire général : M. Gaston Boes ; Trésorier : M. Jos. Jung ; Assesseurs : Mme Wahl et MM. Jean Hatz, Pierre Junck, Jean Marso, Jos. Nickels et Ernest Schmitz. Les réviseurs de caisse étaient MM. Camille Petin et Arsène Weis.

La composition actuelle du conseil d’administration est la suivante :

M. Paul Zens (Président), Mme Katarina Ojeda (Vice-présidente), M. Bernard Cassaignau (Secrétaire), Mme Anne Rumanyika (Trésorière), Mme Patricia Tibbels ; MM. Sébastien Dehennault, Giampaolo Dini, Erik Eklöf, Roland Harras, Paul Reeff

Les présidents d’honneur sont MM Jean Neu, Germain Lutz et Paul Reeff.
Secrétaires d’honneur : MM. Gaston Boes, Roland Harras.

La chronologie des grands dossiers suivis et traités par le SILK est relatée dans le livre « Le Kirchberg au fil du temps » édité à l’occasion de son 50ième anniversaire.